
La France a donc perdu son triple A. Que cette nouvelle survienne un vendredi 13 janvier est assez cocasse pour Sarkozy, qui lors de ses vœux du 31 décembre avait encore une fois roulé des mécaniques, en déclarant : « ce ne sont ni les marchés, ni les agences qui feront la politique de la France ». Il aurait peut-être dû écouter davantage sa fidèle et dévouée ministre du budget, Valérie Pécresse, qui déclarait en août dernier : « La note de la France est le fruit du travail du Président de la République ».
Le fruit de ce travail est assez simple à comprendre : En 2007, à son arrivée, l’endettement de la France s’élevait à 900 milliards, soit 65 % du PIB. En 2012, le déficit prévu est de 1 600 milliards d’euros, soit 82 % du PIB. 700 milliards d’euros de déficit supplémentaire en cinq ans, c’est sans aucun doute le fruit d’un labeur remarquable. En un mandat, Nicolas Sarkozy aura réussi l’exploit d’accumuler autant de dettes à lui seul que Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand et Jacques Chirac réunis.
La Cour des comptes a déjà donné une analyse de ces chiffres, et le gouvernement ne s’en vante pas : la crise, argument avancé inlassablement par la soldatesque sarkozyste, n’est responsable qu’à hauteur d’un tiers de cette dérive financière. Tout le reste, c’est le résultat de 5 années de politique aberrante de Nicolas Sarkozy, celui qui ne cesse de dire qu’il est le mieux à même de nous protéger.
Par ailleurs, on peut légitimement se poser la question des perspectives de gouvernance mondiale et des choix politiques qui restent possibles pour nos démocraties occidentales. Quelle est à ce jour la marge de manœuvre des démocraties et des peuples souverains ? Sommes-nous en train de dériver vers une dictature invisible, sournoise, qui nous laisse croire aux apparences du fonctionnement démocratique, mais où tout est finalement plié d’avance ? Cela interroge lorsqu’on lit la justification par Standard & Poor’s de l’abaissement de la note française de AAA à AA+, avec « perspective négative : La note de la France continue de « refléter son économie saine, diversifiée et solide dont la main-d’œuvre est hautement qualifiée et productive ». Elle note à l’inverse « l’endettement relativement élevé des administrations publiques ainsi que les rigidités du marché du travail », mais souligne que le gouvernement français « traite ces questions par une stratégie de consolidation budgétaire et de réformes structurelles ».
Donc, Sarkozy a fait exploser la dette, il est responsable en majeure partie de cette dégradation, mais à lire les évaluateurs financiers, le gouvernement tient la barre, et c’est de la faute aux vilains fonctionnaires et à l’absurde code du travail qui empêche de libérer les énergies…
Heureusement, il nous reste notre quintuple A pour les andouillettes.